10 février 2010

Cohésion du Conseil fédéral ?

Faut-il, comme le demande Le Temps du 10 février, plus de cohérence au Conseil fédéral ?
On attend de nos sept sages qu'ils parlent d'une seule voix, qu'ils guident ensemble, d'une main sûre, le pays vers des rivages heureux. Or c'est faire fi de nos institutions et de la démocratie directe que de croire qu'il suffit que le gouvernement s'exprime pour que le Parlement et peuple suivent. La lenteur à trancher est la première caractéristique de ce système où tant d'acteurs participent à la décision. C'est dire que là où un Sarkozy décide et applique en quelques jours, le Gouvernement suisse doit consulter, proposer, expliquer et tenter de convaincre avant de laisser le parlement et le peuple décider.
Il faudrait donc que nos Conseillers fédéraux puissent préparer l'opinion publique, participer aux débats dans le pays, et pour cela donner leur avis, expliquer les enjeux, les avantages et les inconvénients. Comment être crédible, compris et suivis si les différents courants politiques ne voient pas que leurs points de vue se sont exprimés, ont été pris en compte dans le compromis proposé ou alors écarté, mais démocratiquement. Une fois les décisions prises, leur défense commune par les sept membres du Conseil aurait alors bien plus de poids.
Il faut être perpétuellement dans la majorité pour croire que sept personnes qui répètent tous la même chose sont plus crédibles et convaincants que s'ils avaient d'abord chacun exposés leur propre avis. Que les sept personnages politiques les plus importants du pays participent si peu aux combats politiques, aux débats d'idées empêche de s'attaquer aux vrais problèmes de notre société. Sinon comment expliquer par exemple le lourd silence sur l'ambiguïté de nos relation avec l'Union européenne, la dépendance où nous sommes des décisions prisent à Bruxelles.
On reproche aujourd'hui au Conseil Fédéral de ne pas avoir vu venir la fin du secret bancaire, de n'avoir aucune stratégie pour passer ce cap difficile, alors que jamais les banquiers, qui eux pourtant savaient ce qui nous attendaient, n'auraient accepté que la Suisse prenne les devants. Ils ont voulu profiter jusqu'au bout de ce que cela rapportait, quitte aujourd'hui à trahir les clients qui leur avaient fait confiance. Les conseillers fédéraux ne pouvaient pas ne pas savoir que notre secret bancaire avait des conséquences insupportables, notamment pour les pays voisins. La collégialité leur interdisant de s'exprimer, ils ont attendu que d'autres passent à l'action.
Ce qu'il faut à ce pays, ce n'est pas des conseillers fédéraux qui viennent nous lire des communiqués insipides, fruits de compromis peu transparents, mais des hommes et des femmes d'Etat qui ouvrent de larges débats sur les défis qui attendent la Suisse.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire