Il a bien tord Ueli Maurer : ces avions nous pourrions en avoir bigrement besoin ! Pas tant pour la racaille genevoise, fâchée certes d'être ainsi méprisée. C'est à long terme que la coopération entre régions forcées de s'entendre en souffrira. Et la rage des plus déterminès, la police suffira à y répondre. Mais que faire avec le gouvernement italien qui nous agresse et veut vider nos banques : le coup de gueule de Fluvio Pelli va renforcer la xénophobie des tessinois. Les plus acharnés vont réclamer des mesures concrètes, des sanctions que personne ne prendra, trop conscient que dans l'escalade alors inévitable, nous aurions tout à perdre.
Plus pernicieux sont les parlementaires fédéraux ulcérés de la façon dont Kadhafi nous traite. Il faut cependant beaucoup d'imagination pour croire que les quelques mesures de rétorsion envisageables pourraient empêcher les libyens de dormir. Elles ne feront que prolonger leur plaisir à nous retourner l'humiliation subie par le fils du grand homme. Pourtant, on sent chez ceux qui continuent de croire aveuglément à notre totale souveraineté, défendue militairement au besoin, le désir d'en découdre. Certes on a fait un mauvais procès à Didier Burkhalter qui n'a jamais réellement voulu envoyer l'armée chercher nos otages, comme le croient les libyens, mais d'autres va-t-en guerre y songent sûrement tant la déculottée est douloureuse. Mais comment le faire sans avions, sans l'expérience de terrains d'opérations extérieures que nous aurait donnée la participation à des opérations de maintien de la paix.
Plus préoccupante encore l'initiative sur les minarets qui nous fait courir de véritables dangers tant elle reflète la peur, pour ne pas dire la haine de l'autre. Il faut punir le monde musulman de la façon dont sont traités les femmes, dixit la représentante de UDC le 20 octobre dans le débat d'infrarouge. Comment le monde musulman resterait-il muet devant notre intolérance. C'est un engrenage dangereux, un appel à la violence qui peut conduire à bien pire que ce que nous vivons avec la Lybie. La tentation, pour les politiciens virils et sans peurs qui soutiennent cette initiative, de se défendre, armes à la main, est vite là. Mais comment le faire sans avions, sans les nouvelles technologies, trop chers pour notre armée. Plus sérieusement, voulons-nous faire la guerre à ces talibans que ni l'armée russe, ni les forces de l'OTAN n'ont réussi à battre ?
Dans l'affaire Kadhafi, on ne peut plus revenir en arrière. Dans le conflit que d'aucun sont en train d'entamer avec l'Islam, il n'est pas trop tard pour réfléchir. Aussi peut-être est-ce mieux de ne pas avoir trop d'avions, d'avoir une armée qui faute d'argent, ne serait plus à la page nous disent les militaires. L'armée, les avions, c'est un peu l'arme des durs de nos romans policiers : elle donne confiance, elle rend donc agressif. Vu le nombre de conflits que nous cultivons, mieux vaut peut-être savoir que nous n'avons pas les armes pour nous battre : c'est le premiers pas vers un peu plus de sagesse.
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